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La commercialisation de l'ADSL 2+ vient d'être annoncée, mais à quoi cela va servir d'avoir une vitesse 10 fois supérieure aux débits actuels ?
Mercredi, Free et France Telecom ont annoncé la commercialisation de l'ADSL 2+, qui permet des débits allant de 15 à 26 Mbits/seconde. Mais à quoi peut bien nous servir une vitesse si importante, plus de 10 fois supérieure aux débits actuels ?
Il y a à peine un an, un forfait Internet à 1mbit/s semblait le summum d'une connexion haut débit. A la rentrée, ce débit était devenu commun, et la nouvelle frontière semblait le 6Mbit/s proposé par quelques opérateurs en zone dégroupée. Une frontière déjà dépassée : mercredi, France Telecom et Free ont annoncé la disponibilité de l'ADSL 2+, qui permettrait de monter jusqu'à 26 Mbit/s.
Les débits enflent donc, mais les usages suivent-ils ? A quoi peut bien servir une telle vitesse ? On est en droit de se poser la question quand on constate le peu de gourmandise d'une utilisation classique de l'internet : une page web, même si elle comporte une animation flash, ne dépasse que rarement les quelques centaines de kilo octets. Un fichier musical (MP3, WMA ou AAC) ne fait jamais plus que quelques megas, de même pour une petite vidéo ou une bande annonce.
Seul usage à tirer avantage de ces importants débits, le peer-to-peer ? C'est ce que pensent beaucoup, qui blâment l'absence de contenus disponibles légalement qui justifieraient de tels débits. Chez France Télécom, on pense au contraire que les usages existent déjà, et surtout qu'ils ne se limitent pas au contenu : "On ne va pas s'affoler d'avoir de plus hauts débits ! Ils vont servir à l'échange, à la communication", affirme Patrick Thielemans, responsable presse de l'opérateur. Le groupe réfléchit ainsi surtout aux "usages du haut-débit hors de l'ordinateur", comme la visio-conférence sur un téléphone dédié, la télé sur ADSL ou la vidéo à la demande : 40% des utilisateurs de cette offre ne sont pas internautes.
A terme, le très haut débit servira ainsi aux jeux en réseau de plus en plus gourmands, à la télé en haute définition, à regarder plusieurs chaînes sur plusieurs télés en même temps, ou à la domotique. Pour le reste, "nous ouvrons la voie, aux créateurs de contenus de s'y investir et de proposer", résume Patrick Thielemans.
L'ADSL 2+, l'ultra haut débit, c'est donc surtout un internet au delà du web et de l'ordinateur, un service pour divers appareils de la maison. Mais on attend encore un web qui soit à la hauteur de ces débits : ces derniers sont suffisants pour distribuer des vidéos à la demande, faire du téléchargement légal de films. Mais l'industrie du cinéma se fait toujours désirer.
Source : TF1 |